Grands philosophes > Le contrat social
André Charrak
Cet encadré est issu de l'article « Rousseau : La nature, la fiction et l'humain »
Chez les philosophes politiques et les jurisconsultes de l’âge classique, le modèle du contrat implique que chacun renonce au droit de nature qu’il possède sur toutes choses, à condition que le souverain protège sa vie (Thomas Hobbes) et ses biens (John Locke). Rousseau, quant à lui, inscrit la conservation de la liberté au cœur du problème classique du contrat social : « Trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s’unissant à tous n’obéisse pourtant qu’à lui-même et reste aussi libre qu’auparavant ? Tel est le problème fondamental dont le contrat social donne la solution. » (Du contrat social) Cette solution réside en ceci que les individus ne concluent pas le pacte entre eux, de particulier à particulier, mais avec le souverain dont ils sont en même temps les membres. Autrement dit, le peuple en train de constituer sa propre souveraineté est l’une des parties contractantes : « (…) Chaque individu, contractant, pour ainsi dire, avec lui-même, se trouve engagé sous un double rapport ; savoir, comme membre du souverain envers les particuliers, et comme membre de l’État envers le souverain » (ibid.). Ainsi la condition est-elle égale pour tous et ne peut-elle engendrer de nouvelle oppression. Chaque individu se trouve, tout à la fois, soumis au souverain (il est à cet égard un sujet) et membre de ce même souverain, ce qui caractérise sa qualité de citoyen, participant à la volonté générale.
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